Les matous belges bientôt fichés

Distribuer des affichettes promettant une récompense à la bonne âme qui saura retrouver notre petit chaton égaré, c’est tellement dépassé ! Faut vivre avec son temps : aujourd’hui, la tendance est de faire de son chat un cyborg, en lui greffant une micropuce contenant les coordonnées de son propriétaire. C’est à ce point hype que les trois gouvernements régionaux envisagent de rendre cette pratique obligatoire pour tous les chats nés ou importés dans le Royaume.

La matière du bien-être animal a en effet été régionalisée suite à la 6e réforme de l’État et chaque région est donc en principe libre d’instaurer ou non une telle obligation et de créer sa propre base de données. On repère toutefois vite la difficulté : quid si mon chat s’enfuit de l’autre côté de la frontière linguistique ? Nos amis félins ne sont en effet pas effrayés par la barrière de la langue. Pour y remédier, les trois régions ont conclu un protocole d’accord par lequel elles ont décidé d’adopter une méthode d’identification et une base de données communes. A la bonne heure ! Même si les plus attentifs se demanderont sans doute si ça valait bien la peine de régionaliser la matière pour ensuite décider de légiférer en commun… #sobelgian

Quoi qu’il en soit, les régions flamande et wallonne ont déjà publié leur arrêté d’exécution au Moniteur belge[1]. On n’attend plus que la version bruxelloise, qui ne devrait pas fondamentalement différer de celle des régions voisines. Grosso modo, le système sera le suivant :

Le propriétaire d’un chat né après l’entrée en vigueur du système (la date sera précisée ultérieurement par arrêté ministériel) doit le faire enregistrer avant ses douze semaines. Les chats nés précédemment ne doivent être enregistrés que s’ils changent de propriétaire (à titre gratuit ou onéreux). Quant aux chats provenant de l’étranger, ils doivent être enregistrés dans les 8 jours de leur arrivée sur le territoire, à moins qu’ils n’accompagnent leur propriétaire à l’occasion d’un séjour de moins de 6 mois.

L’enregistrement est réalisé via une micropuce, implantée du côté gauche du cou par un vétérinaire et contenant les données d’identification de l’animal (sexe, race, nom, etc.), les coordonnées du propriétaire et celles du vétérinaire. En cas de changement de propriétaire ou de modifications des coordonnées de ce dernier, un passage chez le vétérinaire sera requis pour enregistrer les changements sur la puce.

Les chats errants non enregistrés seront quant à eux accueillis dans des refuges agréés. Sauf si le propriétaire se manifeste dans les 15 jours, l’animal concerné sera enregistré au nom du refuge. Si le propriétaire se manifeste dans le délai, l’animal ne pourra lui être restitué qu’après avoir été enregistré à son nom et à ses frais.

La date d’entrée en vigueur du système doit donc encore être déterminée et il ne fait pas de doute que les différents gouvernements communiqueront largement à ce propos en temps voulu. Mais, comme on dit, un chat averti en vaut deux !

Miaou.


[1] Arrêté du Gouvernement flamand du 5 février 2016 relatif à l’identification et l’enregistrement des chats (M.B. 03.03.2016) et arrêté du Gouvernement wallon du 28 avril 2016 relatif à l’identification et l’enregistrement des chats (M.B. 12.05.2016).

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